Décrocheurs de portrait : le procès mis en délibéré le 10 décembre

Publié le Vendredi 23 Octobre 2020

Le procès en deuxième instance avait lieu ce jeudi matin simultanément à Paris et à Strasbourg, concernant l'affaire du décrochage de portraits présidentiels en février 2019. Les décisions ont été mises en délibéré le 5 décembre pour Strasbourg et le 10 décembre pour Paris.

En ce qui concerne Paris, rappelons que cette affaire concernait un groupe d'activistes d'Action Non-Violente COP21 qui s'est rendu dans la mairie du 5 ème arrondissement pour décrocher symboliquement le portrait présidentiel d'Emmanuel Macron. À l'époque, 7 décrocheurs avaient été mis en garde à vue à Paris, parmi lesquels la vosgienne Pauline Boyer.

Après un procès en première instance en septembre 2019, la suite du procès s'est tenue ce jeudi matin au Palais de Justice de Paris. Une audience durant laquelle tous les prévenus ont eu l'occasion de s'exprimer, non seulement sur l'acte lui-même, mais surtout les raisons qui l'ont motivé. Contactée par téléphone, la Vosgienne Pauline Boyer confie que durant sa prise de parole, elle a tenté d'expliquer qu'elle a mené cette action pour interpeller le Président de la République et les citoyens, afin de les questionner sur leur rôle pour faire changer les choses. “Avant j’essayais de lutter dans la passivité, mais je me suis rendu compte que pour entrer dans l'Histoire il fallait être actif ! J’ai commencé en lançant des pétitions puis en organisant des mobilisations pour montrer au gens qu'il y a des modes de vie alternatifs qui existent. Mais la transformation ne peut pas se faire sans que l'État joue son rôle. Et celui du président de la République est de faire respecter les accords de Paris. C'est pourquoi, à mon échelle de citoyenne, j'ai fait une action forte pour dénoncer ce risque et j'attends du président Macron qu'il mène les siennes, à son échelle qui a bien plus d'impact que la mienne !”

Trois témoins de moralité ont également été autorisés à assister au procès : Cécile Duflot, directrice générale d’Oxfam France, Agnès Catoire, membre de la Convention Citoyenne pour le Climat et Jean-Pascal Van Ypersele, climatologue et ancien vice-président du GIEC. Ce dernier, très ému par l'affaire, a rappelé à quel point le niveau d'urgence était élevé et qu'il était donc nécessaire selon lui de mener ce genre d'action. Ce à quoi Agnès Catoire a ajouté : “Tirée au sort pour participer à la CCC, j’ai travaillé pendant 9 mois pour transmettre un rapport et 149 propositions en juin 2020, afin de remplir le mandat qui nous a été confié par le président de la République lui-même. Malheureusement, contrairement à ses engagements, les actes du gouvernement ne sont pas en accord avec la parole présidentielle. La confiance déjà très fragile que j’éprouvais à l’égard de l’exécutif ne fait que décroître. Je témoigne aujourd’hui du double discours du président de la République et de son gouvernement.”

Si pour l'heure le ministère public requiert toujours des peines d'amendes fermes de 500 euros, comme la condamnation en première instance, le verdict sera prononcé le 10 décembre prochain pour Pauline et ses 6 comparses. Ces derniers espèrent la relaxe.

Rencontre avec Pauline Boyer, prochainement sur viàVosges.

Crédit photo : Baptiste Soubra

Anaïs Gall

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