Expulsion d’une famille albanaise : les soutiens se multiplient

Publié le Lundi 3 Mai 2021

Les faits se sont déroulés mardi dernier à Girancourt... Trois adultes d’origine albanaise de la famille Metalia (Lumturije, la maman, son fils de 23 ans Rrahim et sa fille de 20 ans Emigerta) ont été expulsés de l'hôtel de Gironcourt-sur-Vraine dans lequel ils logeaient, emmenés à l’aéroport de Metz-Nancy et renvoyés à Tirana, la capitale d’Albanie. Deux autres enfants de 19 ans, des jumeaux, étaient absents et n’ont donc pas pu être emmenés; ils auraient été mis en lieux sûrs par des amis.
La famille était arrivée en France en 2017. Leur demande d’asile avait été rejetée une première fois par l’Office fançais de protection des réfugiés et apatrides, et une seconde fois en 2018 par la Cour nationale du droit d’asile. La famille faisait donc l’objet d’une ‘‘obligation de quitter le territoire français’’.

« Intrusion au domicile sans autorisation judiciaire »


La famille refusant de partir, elle a fait l’objet d’une ‘‘procédure d’exécution d’office d’une mesure d’éloignement’’. Procédure exécutée donc par le préfet des Vosges mardi dernier… sauf qu’un juge des libertés du tribunal judiciaire de Metz, saisi par l’avocat spinalien Jean Géhin, a constaté des irrégularités dans la procédure d’éloignement.
« Il y a notamment eu une intrusion au domicile sans autorisation judiciaire » nous a précisé Jean-Louis Didelot, de l’association Asil’accueil 88. « Ce n’est pas l’expulsion elle-même qui a été jugée irrégulière, mais bien les conditions dans lesquelles elle s’est déroulée ! La famille n’a pas été autorisée à appeler un avocat. Emigerta a même été emmenée en pyjama ! C’est d’autant plus rageant que la jeune femme, en Première au lycée Louis Lapicque à Epinal, est une excellente élève (elle a 17 de moyenne générale trimestrielle) et elle très appréciée ».

Demandes d’asile : 200 familles concernées


Toujours selon Jean-Louis Didelot, dans les Vosges 200 familles ont actuellement déposé une demande d’asile. « Généralement, seulement une demande d’asile sur cinq aboutit. Concernant les demandeurs originaires des Balkans, ils sont quasiment tous déboutés, ces pays étant considérés par les pouvoirs publics comme sûrs ! ».
Parmi les soutiens de la famille, et notamment de la jeune Emirgeta, il y a sa professeure de français, Sophie Guérin, ainsi que de nombreux camarades de classe.

Une mobilisation de soutien est organisée ce jeudi 6 mai à 10 h devant la Préfecture, place Foch à Epinal.

Ludovic Bisilliat, photo DR

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