Meurtre de Freddy Noël : un suspect arrêté avoue le meurtre

Publié le Dimanche 28 Février 2021

Du nouveau dans l'enquête concernant la mort de Freddy Noël. Un homme âgé d'une quarantaine d'années et habitant Rambervillers a été interpellé à son domicile samedi. Il a été mis en examen ce dimanche, du chef d'accusation de meurtre, qu'il a partiellement reconnu, et a été placé en détention provisoire.

Pour rappel, Freddy Noël, 49 ans, avait été retrouvé sans vie dans son appartement situé rue Victor-Hugo à Saulxures-sur-Moselotte mercredi dernier.

Dans un communiqué envoyé ce dimanche soir, Nicolas Heitz, le procureur de la République revient sur cette enquête menée par les enquêteurs de la Section de Recherches de
Nancy et la compagnie de gendarmerie de Remiremont.

Placé en garde à vue, le suspect a expliqué aux enquêteurs s'être rendu en stop, en début de soirée chez sa mère à Saulxures-sur-Moselotte et avoir consommé une forte dose d'alcool.  Dépendant à l'alcool et au cannabis, il a poursuivi la soirée chez Freddy Noël, accompagné de son demi-frère et d’un ami de ce dernier avec qui il aurait encore bu plusieurs verres.

Selon le suspect, une dispute a éclaté entre la victime et lui, après le départ des deux autres participants. Il a reconnu être devenu agressif en paroles d'abord, puis avoir saisi une bouteille en verre et porté un coup à la tête de la victime. Pensant qu'il avait " juste assommé " Freddy Noël, le Rambuvetais a paniqué et pris la fuite au volant de la voiture de la victime sans appeler les secours. Il a expliqué qu'il n'avait jamais eu l'intention de le tuer.

Il a été mis en examen du chef de meurtre à l'issue de son interrogatoire et a été placé en détention provisoire.

Retrouvez ci-dessous l'intégralité du communiqué de presse du procureur de la République.

Anne Didier

Communiqué de presse du procureur de la République à Epinal Nicolas Heitz :

La procédure en cours d’enquête et d’instruction est secrète. Cependant, la loi prescrit au seul procureur de la République, afin d’éviter la propagation d’informations parcellaires ou inexactes, la possibilité de rendre publics certains éléments objectifs tirés de la procédure.

Mercredi 24 février 2021, le procureur de la République d’EPINAL était contacté à 6 h 45 par les gendarmes de la COB de Saulxures sur Moselotte (88) pour une découverte de cadavre à caractère suspect. Les militaires avaient eux-mêmes été requis à 6 heures 12 par un témoin qui s’était présenté au domicile de la victime avenue Victor Hugo de cette commune.

Le procureur de la République se transportait immédiatement sur place. Le médecin légiste de permanence de l’Institut Médico-Légal de Nancy et les enquêteurs de la Section de Recherches de Nancy se transportaient également sur le lieu de découverte du cadavre.

La victime, un homme âgé de 49 ans, était retrouvée dans son logement, non verrouillé, par son collègue de travail de son usine Les Zelles (fabriquant de fenêtres) qui s’inquiétait de son absence mardi à son poste. 

Des premiers éléments, la victime a été vue la dernière fois en vie lundi 22 février 2021 aux alentours de 13 heures, à la fin de son service.

Les gendarmes découvraient à 6 h 34 un homme allongé par terre, vêtu simplement d’un caleçon et le pantalon en bas d’une de ses chevilles, côté droit.

L’appartement de deux pièces présentait des traces désordre et notamment une bouteille cassée, le réfrigérateur ouvert, une chaise et une télévision renversées. Il y avait plusieurs bouteilles d’alcool, dont une de vodka ouverte et des verres à côté.

D’importantes traces de sang étaient relevées au sol.

Il était à noter que le véhicule de la victime, une Volkswagen type BORA n’était plus sur place et avait été « flashé » le 23 février 2021 à 2 h 47 sur la commune de Ferdrupt (88) avec un homme à son volant, à priori seul à bord.

La Section de Recherche de Nancy et la Brigade de Recherches de la compagnie de Remiremont étaient co-saisies des investigations, dans le cadre d’une enquête pour recherche des causes de la mort.

Les premières investigations apportaient les éléments suivants :

La victime avait été vue en vie lundi 22 février 2021 et avait utilisé son téléphone jusqu’à 20 h 09 ce jour-là.

Un témoin et ami de la victime expliquait avoir reçu un appel lundi 22 février à 23 h 20 d’un individu qui expliquait avoir passé la soirée avec la victime et avoir consommé de la goutte avec ce dernier.

Le lendemain matin, cet individu l’appelait à nouveau pour lui expliquer avoir un « trou noir » et ne plus se rappeler du déroulement de la soirée.

Le véhicule de la victime était découvert le 24 février à 16 h 30 à proximité de Rambervillers (88), non verrouillé, la trappe à essence ouverte et visiblement en panne.

L’autopsie de la victime était réalisée le 25 février 2021 à l’IML de Nancy. Un scanner permettait de mettre en évidence de multiples fractures de la face, du crâne, de la mâchoire.

Le médecin légiste relevait un traumatisme crânien encéphalique majeur provoqué par un choc contendant incompatible avec une chute de sa hauteur. Il était relevé une forte probabilité de l’intervention traumatique d’un tiers. Des analyses toxicologiques et anapathologiques étaient requises.

Le parquet sollicitait jeudi 25 février la clôture de la procédure qui était présentée au parquet ce vendredi 26 février 2021.

Par réquisitoire introductif du même jour, une information judiciaire était ouverte contre X du chef de meurtre.

Une commission rogatoire était confiée par le juge d’instruction aux unités en charge de l’enquête initiale.

Samedi 27 février 2021, les enquêteurs procédaient à l’interpellation d’un individu âgé de 40 ans à son domicile de Rambervillers.

Entendu à deux reprises lors de sa garde à vue, ce dernier expliquait avoir passé la soirée de lundi 22 février chez sa mère à Saulxures sur Moselotte où il s’était rendu en « Stop ». Il reconnaissait s’être fortement alcoolisé lors de cette soirée et avoir une forte dépendance à l’alcool et au cannabis.

En deuxième partie de soirée, il se rendait chez la victime en compagnie de son demi-frère et d’un ami de ce dernier. La victime était couchée, travaillant le lendemain à 6 h 00, mais les faisait entrer. Ils consommaient de l’alcool sous la forme de petits verres d’alcool blanc.

Selon la personne gardée à vue, une fois les deux autres participants partis, une dispute éclatait.
Alcoolisé, la personne gardée à vue reconnaissait être devenu agressif en parole.

Il pensait alors que la victime avait voulu le mettre dehors ou le taper et il reconnaissait s’être saisi d’une bouteille en verre pour porter un seul coup sur le crâne de la victime.

Il expliquait ne pas voir voulu le tuer et pensait qu’il n’était qu’« assommé ». Il disait avoir pris peur, quittait l’appartement sans appeler les secours et prenait la fuite au volant de la voiture de la victime dont il avait préalablement emporté les clés.
 
Il émettait des regrets devant les enquêteurs, connaissant la victime depuis son enfance.

Présenté au magistrat instructeur dimanche 28 février 2021, il était mis en examen du chef de meurtre à l’issue de son interrogatoire de première comparution.

Conformément aux réquisitions du parquet, il était placé en détention provisoire à l’issue par le juge des libertés et de la détention.

Je tiens à souligner ici la qualité du travail d’investigations réalisé par les enquêteurs de la Section de Recherches de Nancy et la compagnie de gendarmerie de Remiremont, dans un temps très rapide.

Fait à Epinal, le 28 février 2021
Nicolas HEITZ, procureur de la République

Laissez nous un commentaire

Aucun commentaire

Soyez le premier à laisser un commentaire