Le Secours Catholique fait un point sur la pauvreté dans les Vosges

Publié le Jeudi 12 Novembre 2020

Le Secours Catholique publie ce jeudi un état des lieux de la pauvreté dans les Vosges pour l'année 2019. Les 550 bénévoles du comité vosgien de l'association avaient alors rencontré 7500 personnes dans les lieux d'accueil et d'activité des équipes locales et thématiques du département. Les témoignages recueillis anonymement ont donc permis d'évaluer les causes et l'évolution de cette pauvreté chez les ménages.

Par ces diverses observations, le Secours Catholique des Vosges a ainsi pu dégager plusieurs tendances :

  • Les familles avec enfants sont les plus touchées par la précarité (25,6%). Globalement, parmi les familles rencontrées par les bénévoles, 56% comptent des enfants (en moyenne 2,52 enfants par foyer) et les deux tiers de ces ménages sont des familles monoparentales.
  • Les personnes seules sont toujours très touchées par la pauvreté puisqu'elles représentent 38% des personnes accueillies, dont 1 sur 5 est dans une situation d'abandon, d'isolement familial, de divorce ou de séparation.
  • Les étrangers se précarisent. En effet, en 2019 les bénévoles ont pu observer une augmentation significative du nombre de personnes exilées dans certains lieux d'accueil, dont la part a augmenté de près de 10%. Pour le Secours Catholique des Vosges, cela ne reflète pas une hausse du nombre de personnes immigrées mais correspond plutôt à « une précarisation de ce public avec la loi asile-immigration qui produit les effets prévisibles. On constate en effet une augmentation de plus de 10% en un an des personnes déboutées ou sans papiers qui concentrent la plupart des facteurs de pauvreté et sont de fait davantage dépendantes des associations pour leur survie sur le territoire. »

En dessous du seuil de pauvreté

Avec une moyenne de 934 euros par mois, 89% des personnes rencontrées vivaient en dessous du seuil de pauvreté (seuil qui s'élève à 1063 euros par mois pour une personne seule) et 63% se situaient même en dessous du seuil de grande pauvreté (708 euros par mois pour une personne seule).

Pour évaluer la difficulté financière de ces ménages le Secours Catholique des Vosges s'est ainsi penché sur leur niveau de dépenses et plus spécifiquement les dépenses incontournables. À savoir, les dépenses contraintes (transports, dettes, pensions alimentaires...) et les dépenses pré-engagées (loyers, factures d’énergie, assurances, frais scolaires...). Ce que l'association constate, c'est que la part des ressources pré-engagées (qui sont donc obligatoires) a considérablement augmenté depuis 2010, passant de 32% du budget, à 55% du budget en 2019. De quoi renforcer davantage la précarité de ces ménages.

« Le résultat est sans appel : pour la moitié des ménages rencontrés en France par notre association, le restant à vivre est de 9€ par personne et par jour pour se nourrir, s’habiller, se meubler et se cultiver. Pour un quart de ces ménages, ce restant à vivre chute à 4€, ne leur permettant définitivement plus la possibilité de répondre à leurs besoins essentiels. » déplore le Secours Catholique des Vosges qui rappelle qu'il plaide pour la mise en place d'un revenu minimum garanti, afin que ces personnes puissent vivre dignement.

Une crise sanitaire qui renforce la précarité

En plus de ces observations menées sur l'année 2019, à l'aube de la fin de cette année 2020 marquée par la crise sanitaire, le Secours Catholique des Vosges peut d'ores et déjà affirmer que la précarité s'est renforcée. En effet, la pauvreté se fait plus préoccupante encore chez les personnes déjà suivies par l'association, tandis que de nouveaux publics affluent, rendus précaires par l'épidémie et qui ont désormais besoin d'aide. Enfin, les personnes isolées (souvent âgées) déjà fragiles, se sont éloignées davantage de peur de se mêler à la foule lors des rencontres. De quoi rendre leur situation plus précaire encore.

Face à cette crise sanitaire, si l'engagement des bénévoles a forcément été impacté (personnes parfois âgées et donc à risque), le Secours Catholique des Vosges se félicite de disposer d'une équipe qui reste dynamique et engagée, malgré le contexte : « Cette diminution du nombre de bénévoles – qui est en moyenne de 10% dans ces équipes – ne remet cependant pas en question notre capacité à agir, et ce d’autant plus qu’elle est compensée par l’arrivée de 10 à 30% de nouveaux bénévoles dans 40% de nos équipes. Dans ce contexte décidément bien difficile sous bien des aspects, l’esprit de solidarité reste donc bien vivant et permet aux associations de solidarité de faire face aux enjeux. »

Revoir ici notre reportage sur le Secours Catholique tourné en octobre.

Crédit photo : Secours Catholique

Anaïs Gall

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