Stade d’eaux vives d’Epinal : les arguments ‘‘contre’’ et les arguments ‘‘pour’’

Publié le Lundi 2 Mars 2020

Samedi dernier au port d’Epinal, Fabrice Pisias, candidat aux prochaines élections municipales, présentait en compagnie d’autres colistiers de sa liste Epinal ouverte vers l’avenir (divers gauche), ses arguments contre le projet de stade d’eaux vives porté par la communauté d’agglomération d’Epinal. Un projet qui pèse dans les divers débats qui se tiennent dans le cadre de ces élections municipales.
Membre du comité directeur du club de canöé-kayak du GESN, Richard Péché a répondu point par point aux arguments ‘‘contre’’. « Le club exprime depuis une douzaine d'années déjà ce besoin d'un équipement à hauteur des standards du moment, tant pour la pratique loisir que sportive. Notre comité de direction n'avait pas prévu de s'exprimer publiquement. Nous avons, sur demande de certains candidats, conversé et échangé en notre club house ou à leur permanence. La liste de Fabrice Pisias ayant refusé par deux fois notre invitation à dialoguer après la diffusion de leur tract, nous nous sommes rendus à leur débat pique-nique. Le dialogue s'est établi et nous avons échangé sans animosité. »

Quelque peu synthétisés par nos soins, voici les arguments ‘‘contre’’ selon la liste Epinal ouverte vers l’avenir et ‘‘pour’’ selon le GESN.

- Gaspillage d’argent public et d’énergie selon la liste Epinal ouverte vers l’avenir, car d’un coût de ‘‘5,6 millions d’euros subventionné à 70 % auquel il faut ajouter le coût de fonctionnement des trois turbines, selon le débit de 9 à 12 m3/s soit 90 000 euros par an’’.
Selon le GESN, le projet a évolué pour proposer un équipement avec davantage de fonctionnalités : diversification des activités, plateau technique inondation pour l’entraînement des pompiers. Les ascenseurs à eau (système montant l’eau sans pression dans une auge et en respectant la faune aquatique, frais de fonctionnement limités) ne fonctionnent que lorsqu’il y a de l’activité, ils ne sont pas sous tension en permanence ! Estimation de 1 300 heures de fonctionnement par an avec un taux journalier variable en fonction de la saison’’.

- Scandale écologique selon la liste Epinal ouverte vers l’avenir car ‘‘la préservation des espaces naturels existants et la protection de la biodiversité - présence de castors sur la Moselle - sont prioritaires, sans parler de la sécheresse. Le parc étant en zone inondable, quelles conséquences en cas de crue ?’’.
Selon le GESN, les adhérents du club évoluent tout au long de l’année dans un milieu naturel, respectant l’environnement et participant fréquemment à la collecte d’objets délaissés par d’autres dans les cours d’eau; l’ensemble de la réalisation sera paysagé; l’étude hydraulique montre l’absence d’impact négatif même en cas de crue ; et enfin l’exploitant pourrait se voir imposer l’achat d’électricité "verte" (potentiel photovoltaïque en ce lieu); l’eau de la Moselle sera utilisée telle quelle (comme au centre ville) et ne sera pas chlorée.

- Pratique sportive éphèmère selon la liste Epinal ouverte vers l’avenir car ‘‘quel est le niveau visé pour les jeunes de plus de 18 ans ? Le sport à but lucratif passera-t-il avant le sport pour tous ?’’.
Selon le GESN, ''cet équipement n’est en aucun cas prévu pour les JO de Paris 2024, c’est celui de Vaires-sur-Marne qui accueillera la compétition, mais il pourra servir de centre de préparation pour des équipes étrangères apportant ainsi notoriété et recettes financières. Le stade du centre ville a été construit en 1988 (il y a 32 ans) et s’est inscrit dans la durée. Le nouveau stade permettra des activités pérennes : accueil annuel d’événements nationaux et/ou internationaux, développement de l’activité grand public sport pour tous dans un environnement sécurisé, entraînements réguliers des sportifs de tous niveaux, entraînement à la maison des athlètes de haut niveau du GESN qui étaient obligés d’aller à Nancy, Pau, Vaires-sur-Marne (et peut-être venue d’athlètes d’autres régions dépourvues d’équipement), entraînement des pompiers pour les risques inondations (priorité du SDIS 88). Outre celui d’Athènes, pour cause de mauvaise gestion,  tous les autres stades d’eaux vives post JO sont viables et exploités.''

- Un déni démocratique selon la liste Epinal ouverte vers l’avenir car ‘‘l’agglo a mis de côté le club et les citoyens depuis le début de ce projet. En attendant une enquête publique et une étude d’impact environnementale, les élus changeront-il de posture, les citoyens seront-ils entendus ?’’.
Selon le GESN, ‘‘le club est associé au projet dans la définition de ses besoins et sur les discussions sur la future gestion, mais il n’est pas l’acteur unique puisque le projet va au-delà des enjeux et besoins du club. Une étude environnementale est effectivement en cours et une enquête publique sera proposée au public qui pourra s’exprimer auprès de l’enquêteur. Un vote récent initié par Vosges matin : 60 % d’avis favorables et 10 % souhaitant davantage d’informations. C’est vraiment positif et encourageant.’’

- Non-sens touristique selon la liste Epinal ouverte vers l’avenir car ‘‘à l’heure du tourisme vert qui caractérise les Vosges, venir à Epinal pour pagayer deux minutes sur un parcours de 200 m parait anachronique et s’apparente à du zapping sportif l’été. Et l’hiver ? Le parc du port doit rester un lieu gratuit et apprécié de tous, sur terre comme sur l’eau.’’
Selon le GESN, ‘‘il ne faut pas opposer les différentes offres touristiques. Un équipement d’eaux vives est adapté pour le rafting, le surf, le kayak, la bouée, la nage en eaux vives, le canoë (et un parcours de 200 m suffit car il s’effectue plusieurs fois), des parcours de randonnée sur la Moselle pour pionniers et découverte du territoire. Et ne pas oublier les compléments avec les activités terrestres sur ou au départ du port (promenades, jogging, randonnées, cyclisme, pêche, batellerie, flânerie, jeux des enfants, parkour pour les adolescents). Le port permettra de mutualiser l’ensemble de ses pratiques touristiques, il y aura toujours les activités existantes gratuites et familiales, c’est ce mix activités gratuites / activités thématiques payantes qui permettra un taux de fréquentation adapté. En hiver il y a effectivement moins d’activité touristique, mais toujours les activités sportives régulières et pour la formation des pompiers.’’

- Un projet qui n’a rien d’unique selon la liste Epinal ouverte vers l’avenir car ‘‘EDF et son bureau d’études Hydrostadium a perfectionné des bassins d'eaux vives à partir de pompes (la vente d'électricité est juteuse) et a pu favoriser la construction de nombreux bassins artificiels en France (Cergy, Millau, Pau, La Réunion, Vaires-sur-Marne) et dans le monde, notamment pour les JO (Sydney, Athènes).’’
Selon le GESN, EDF est partenaire des activités d’eaux vives sur tout le territoire, notamment en aval des barrages hydroélectriques exploités où elle est à même de réguler des débits pour favoriser la pratique. Le savoir-faire de cette entreprise permet d’aborder les projets dans toutes leurs composantes dans le respect des règlementations. Les stades cités sont de belles réalisations, très intégrées dans leur milieu naturel. Les équipements sont pérennes et fréquemment utilisés pour les loisirs ou les compétitions. Notre projet n’a donc rien d’unique et va bénéficier de l’expérience des autres structures.’’

Le GESN précise par ailleurs :
- que le stade du centre-ville est à sa capacité technique maximale (dénivelé, stabilité et disponibilité de débit, emprise foncière autour), capacité qui ne permet plus la pratique des activités actuelles. Il n’est pas possible d’avoir là des eaux vives sur une période significative. Il sera toujours utilisé pour l’initiation à la pratique du slalom (il a 32 ans, a été sécurisé en 2012 et n’a aucun coût de fonctionnement).
- qu’il n’est pas prévu d’augmentation de cotisation pour les licenciés du club lorsque le nouveau stade d’eaux vives existera. L’heure d’utilisation du stade de Pau pour un club coûte 200 €. Avec les 25 participants, ça revient à 8 € par personne. Et c’est une recette pour l’exploitant du site.
- que développer la biodiversité n’est pas incompatible avec le projet de stade d’eaux vives car sa conception permet de garder une emprise foncière vierge importante. Ll semble qu’une des priorités des Spinaliens est de garder justement cet espace central vierge pour les animations culturelles type Zinc Grenadine et les activités en famille.

Ludovic Bisilliat (avec communiqué)

Laissez nous un commentaire

Aucun commentaire

Soyez le premier à laisser un commentaire