Le Val d'Ajol : le parcours du loup abattu en septembre retracé avec précision

Publié le Jeudi 25 Février 2021

L'information avait été confirmée par un communiqué conjoint des préfectures des Vosges et de la Haute-Saône : « dans la nuit du 22 au 23 septembre, un loup, en situation de prédation sur un élevage qui avait subi plusieurs attaques, a fait l’objet d’un tir létal ».

Depuis le 11 août, 21 attaques avaient été dénombrées dans le secteur limitrophe des Vosges et de la Haute-Saône. Il s’agissait du même loup, au comportement atypique puisqu’il s’attaquait notamment à des bovins, en stabulation et à une fréquence élevée. 

Un arrêté conjoint aux 2 départements autorisait alors les éleveurs habilités à effectuer des tirs de défense.

Et désormais, on en sait beaucoup plus sur le parcours de l'animal grâce à la traditionnelle analyse génétique effectuée sur chaque dépouille et à différentes techniques de suivi moléculaire non invasives effectuées dans des laboratoires de biologie du Nord de l'Europe.

On sait donc désormais que le loup tué dans les Vosges, et connu sous le code GW1554m, était né en 2019 en Allemagne comme en atteste le rapport de l'Office français de la biodiversité : 

« Cet individu est né en 2019 dans la meute de Herzlake en Basse-Saxe (Allemagne) près de Meppen, et a été identifié pour la première fois à partir d'un échantillon d'excréments le 1er janvier 2020. A travers l'analyse des pedigrees des loups connus dans la base de données du CE Wolf, les ancêtres de cet animal, appartenant à différentes meutes d'Allemagne et de Pologne, ont été tracés sur trois générations. Il a été détecté ensuite à plusieurs reprises sur des moutons tués en Basse Saxe et en Brème entre février et avril 2020. Dans la seconde moitié d'avril 2020, il est apparu pour la première fois dans l'est des Pays-Bas (Gelderland), et s'était déplacé plus au sud-ouest début mai. Lors de son séjour aux Pays-Bas, il a tué plus de cinquante moutons et a souvent été vu en plein jour. Sa dernière observation dans le pays remonte au 1er juin 2020. Il a été filmé en caméra vidéo à Oud-Turnhout en Belgique quelques jours plus tard et s'est déplacé ensuite plus au sud dans la province d'Anvers, où il a été fréquemment vu, photographié et filmé par un grand nombre d'observateurs. Pendant cette période, il a tué quelques moutons et une vache laitière. Le 19 juin, il a été heurté par une camionnette à Turnhout en Belgique (confirmation génétique). Il ne semblait pas vraiment affecté par l'incident, il a été revu le lendemain aux abords d'une attaque constatée sur un mouton.

Fin juin 2020, il disparaît brièvement puis il est vu à nouveau une semaine plus tard dans l'est de la Belgique, près de la frontière allemande. Ensuite, il a continué à migrer vers le sud, comme en témoignent les traces d'ADN relevées sur les animaux tués, dont deux veaux dans une étable ouverte dans les provinces de Liège et plus au sud dans la région frontalière germano-luxembourgeoise en Rhénanie-Palatinat (DE) où il tue deux veaux et quatorze ovins sur une période de onze jours. La dernière présence confirmée de GW1554m en Allemagne remonte au 26 juillet 2020.

Moins d'un mois plus tard, des attaques sur troupeaux domestiques sont relevées dans les départements des Vosges puis de la Haute-Saône sur le territoire français. On remarque en particulier une attaque sur un veau laitier dans une étable. Dans les semaines qui ont suivi cet incident, il a attaqué à plusieurs reprises des ovins et des veaux, et a été photographié plusieurs fois par des caméras automatiques. Son comportement de prédation étant particulièrement important, une autorisation de tir a été délivrée par les autorités françaises afin d'abattre ce loup. Il a été prélevé alors qu'il poursuivait du bétail dans la nuit du 22 au 23 septembre 2020 ».

L'animal aurait donc parcouru plus de 1000 km en seulement 4 mois !

Anthony Sap

Crédit photo : Office français de la biodiversité

 

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