Emmanuelle Riva, toujours dans le coeur de Remiremont

Publié le Jeudi 27 Janvier 2022

Cinq ans après sa disparition le 27 janvier 2017 à 89 ans, la comédienne Emmanuelle Riva, l’héroïne du film ‘‘Hiroshima mon amour’’ (elle avait alors 32 ans) reste chère à la Ville de Remiremont et à ses habitants. L’occasion pour la municipalité de mettre à nouveau en lumière la vitrine permanente dédiée à la comédienne au cinéma Majestic France - Le Volontaire, sorti de terre en 2020.

Annie Dulucq, l’adjointe au maire à l’éducation, la culture et le patrimoine, a une pensée émue pour “cette merveilleuse comédienne que tant de Romarimontaines et Romarimontains ont eu le bonheur de croiser pour les uns au marché où elle faisait régulièrement ses courses et, pour ses voisins, dans le quartier de la Maix où elle demeurait.”

“Née à Cheniménil dans la vallée de la Vologne”, est-il précisé dans un communiqué, “issue d’une famille modeste d’origine italienne, la jeune Emmanuelle fréquente une troupe amateur de théâtre de Remiremont qui contribuera probablement à forger sa vocation. Celle qui se destinait à devenir couturière monte à Paris, au grand dam de ses parents, pour suivre en 1953 les cours de l’Ecole de la rue Blanche. C’est le début d’un magnifique parcours qui, après d’autres participations à des films de metteurs en scène renommés tels Jean-Pierre Melville avec Léon Morin, prêtre, Jean-Pierre Mocky dans Y a-t-il un Français dans la salle. Il faut ajouter à la liste Krzysztof Kie?lowski, Tonie Marshall pour Vénus beauté Institut où elle joue le rôle de la tante Lyda. Enfin, comment ne pas évoquer son duo avec Jean-Louis Trintignant dans le film Amour de Michael Haneke où elle incarne Anne, une professeure de piano octogénaire. Pour son interprétation éblouissante, elle obtiendra le César de la meilleure actrice, le film étant couronné en 2013 de la palme d’or à Cannes. Pour ce rôle qui avait magnifiquement relancé sa carrière, elle avait même été nominée aux oscars à Hollywood.

Il faut évoquer aussi la passionnée de théâtre, qui fit beaucoup dans les mises en scène de Jacques Lassalle, Roger Planchon ou encore Claude Régy.
Mais à côté de cette vie passée sur les planches ou derrière les sunlights,
Emmanuelle Riva venait régulièrement se ressourcer à Remiremont pour de longs séjours dans ce qui ressemblait au paradis perdu de son enfance. Ses voisins Claudine et Michel, qui connaissaient déjà ses parents, ont beaucoup souffert de sa disparition qu’ils ont vécue comme un deuil. Emmanuelle Riva ne manquait jamais une occasion de leur adresser une carte postale à l’occasion de ses voyages. Elle était demeurée la même, toujours malicieuse et bienveillante, infiniment curieuse et généreuse. «Elle vivait seule, elle était tranquille. Elle aimait les Vosges, la campagne, la nature, les animaux, s’occuper de son jardin, de ses fleurs» ont-ils déclaré. Un témoignage émouvant pour une actrice qui n’avait jamais cessé de l’être.

Ludovic Bisilliat (avec communiqué)

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