Artisanat : CMA France défend un passeport pour entreprendre

Artisanat : CMA France défend un passeport pour entreprendre

Publié le Mardi 23 Juin 2026

CMA France appelle à la création d’un « Passeport pour entreprendre », une formation obligatoire de trois jours pour les futurs artisans. Objectif : mieux préparer les créateurs d’entreprise, réduire les défaillances et préserver les savoir-faire.

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L’artisanat continue d’attirer de nombreux créateurs d’entreprise en France. Mais face à la hausse des défaillances, CMA France appelle à la mise en place d’un « Passeport pour entreprendre », une formation courte et obligatoire destinée aux futurs chefs d’entreprise artisanale.

Un secteur attractif, mais fragile

Selon le baromètre ISM-MAAF de décembre 2025, l’artisanat a enregistré près de 280 000 créations d’entreprises, soit un quart de l’ensemble des créations d’entreprises en France. Cette dynamique est largement portée par les micro-entreprises, qui représentent 77 % des nouvelles structures.

Mais cette attractivité s’accompagne d’une fragilité persistante. En 2025, les défaillances d’entreprises dans l’artisanat, les commerces et la proximité ont atteint un niveau historiquement élevé, avec plus de 40 000 défaillances, en hausse de 3 % par rapport à 2024. Les micro-entreprises sont les plus touchées.

Une formation obligatoire pour mieux préparer les créateurs

CMA France défend la création d’un « Passeport pour entreprendre » afin de mieux préparer les porteurs de projet à la création ou à la reprise d’une entreprise artisanale. L’objectif est de sécuriser les parcours dès les premières étapes et de limiter les risques d’échec.

« Trop d’entrepreneurs se lancent encore sans suffisamment de préparation, ni étude de marché, s’exposant ainsi à des erreurs dès les premières démarches », déplore Joël Fourny, président de CMA France.

Selon la SIAGI, en 2025, un quart des entrepreneurs estiment manquer de connaissances en éducation financière et en gestion d’entreprise. Pour CMA France, cette situation montre la nécessité de renforcer l’accompagnement avant l’installation.

La fin du Stage Préalable à l’Installation pointée du doigt

Le réseau des CMA rappelle que le Stage Préalable à l’Installation, porté par les Chambres de Métiers et de l’Artisanat, répondait à cet enjeu. Depuis la suppression par l’État, en 2020, de son caractère obligatoire, de nombreux porteurs de projet ne suivent plus cette formation jugée déterminante pour l’avenir de leur entreprise.

Après la disparition du SPI obligatoire, les CMA ont mis en place le Parcours Créateur. Cet accompagnement structuré repose sur trois modules, accessibles en présentiel, à distance ou en format hybride. Il vise à transmettre les compétences indispensables pour créer ou reprendre une entreprise dans de bonnes conditions.

Mais son caractère facultatif limite sa portée. En 2025, seules 13 000 personnes ont suivi une formation à la carte du Parcours Créateur.

Trois jours pour acquérir les fondamentaux

Le passeport proposé par CMA France prendrait la forme de trois jours de formation obligatoire. Il serait centré sur les bases de gestion d’une activité, notamment le calcul du coût de revient, la fixation des prix, l’analyse financière, les comptes de résultat, la trésorerie, le choix du statut juridique, l’évaluation du seuil de rentabilité ainsi que les obligations liées aux responsabilités et aux assurances professionnelles.

« Nous pensons qu’une solution efficace pour sécuriser les parcours avant toute installation dans l’artisanat consiste en une formation courte et obligatoire », poursuit Joël Fourny. Il rappelle que les artisans sont avant tout « des femmes et des hommes de métiers », mais que « le geste » ne suffit pas à diriger une entreprise.

Préserver les entreprises, les emplois et les savoir-faire

Pour CMA France, mieux former les créateurs d’entreprise artisanale permettrait aussi de préserver les savoir-faire et la vitalité des territoires.

« Derrière chaque défaillance d’entreprise, ce sont des emplois, des savoir faire et une part de la vitalité de nos territoires qui disparaissent. Mieux préparer les futurs entrepreneurs n’est pas une contrainte administrative de plus : c’est une garantie supplémentaire de réussite et un investissement collectif. Avec le passeport pour entreprendre, nous voulons voir plus loin, et nous faisons le choix de la pérennité de la filière artisanale à travers les entreprises qui la composent », conclut Joël Fourny.  

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